Santé des abeilles

Qualité cire abeille : l’analyse de l’ANSES pour comprendre les risques et agir

Qualité de la cire d’abeille : l’analyse de l’ANSES pour comprendre les risques et agir   La qualité cire abeille occupe aujourd’hui ...

Partager l’article

Qualité de la cire d’abeille : l’analyse de l’ANSES pour comprendre les risques et agir

 

La qualité cire abeille occupe aujourd’hui une place centrale dans les réflexions sanitaires en apiculture. La cire d’abeille constitue le matériau de construction de la ruche : elle supporte le couvain, accueille les réserves de miel et de pain d’abeille, et structure l’ensemble de la colonie. Produite par les abeilles, puis recyclée et réutilisée parfois sur plusieurs années, elle possède une caractéristique essentielle mise en avant par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) : sa nature essentiellement lipidique.

Ces propriétés physico-chimiques permettent à la cire de fixer et de diffuser de nombreux résidus de substances chimiques. Dans un contexte où le déclin de la santé des colonies d’abeilles est reconnu comme multifactoriel, l’ANSES rappelle que la cire constitue une matrice susceptible d’être exposée à des contaminants issus de l’environnement ou des pratiques apicoles, sans qu’il soit possible de quantifier précisément son impact propre sur la santé des colonies.

 

Qualité cire abeille : contamination et adultération, deux phénomènes distincts

La contamination des cires apicoles

Dans le cadre de son expertise, l’ANSES définit la contamination comme la présence, dans la cire, de toute substance chimique potentiellement nocive d’origine exogène. Il peut s’agir de produits phytopharmaceutiques, de biocides ou de médicaments vétérinaires, qu’ils soient d’origine synthétique ou naturelle. Ces substances peuvent être introduites dans la cire à différents moments du cycle de production et d’utilisation, puis persister lors du recyclage.

L’Agence souligne que cette contamination relève plus largement de la contamination générale de l’environnement et qu’elle s’inscrit dans une approche globale de type One Health, sans qu’un effet direct et quantifié sur la santé des colonies puisse être établi à ce stade.

L’adultération de la cire d’abeille

L’adultération correspond, quant à elle, à la présence d’un ou plusieurs ingrédients différents de la composition originale de la cire d’abeille. Les enquêtes menées en France mettent en évidence la présence systématique, bien qu’à faible teneur, d’hydrocarbures de type paraffine dans certaines cires.

L’ANSES souligne toutefois l’existence de lacunes importantes de connaissances : il n’existe pas de référence officielle définissant précisément la composition quantitative de la cire d’abeille, et les données toxicologiques permettant d’évaluer l’impact sanitaire de ces adultérations sont insuffisantes. Cette absence de cadre rend les contrôles et interprétations particulièrement complexes.

 

Ce que révèlent les données françaises sur la qualité des cires

L’analyse de la littérature scientifique et des enquêtes de terrain conduite par l’ANSES met en évidence un niveau de contamination des cires qualifié d’élevé, avec une forte hétérogénéité selon leur provenance et leur nature. Les résultats ne permettent pas d’établir une valeur de référence, mais ils montrent des différences marquées entre catégories de cires.

Les cires issues de mélanges d’origines diverses présentent des profils de contamination variables, tandis que l’origine géographique apparaît comme un facteur discriminant. Les cires dont la provenance n’est pas française présentent une qualité toxicologique moins favorable.

 

Le score Bee Tox Wax est un outil d’aide à l’évaluation comparative du risque toxicologique des cires apicoles.

Ce score repose sur le calcul d’un quotient de risque (QR), établi à partir des concentrations mesurées de substances chimiques présentes dans la cire et de leurs doses létales aiguës de contact connues chez l’abeille. Il permet ainsi de comparer des cires entre elles selon leur niveau de contamination relatif.

 

Pratiques apicoles et qualité de la cire d’abeille

Les données analysées par l’ANSES montrent que certaines pratiques apicoles sont associées à des différences observées de contamination des cires, sans permettre d’établir un lien de causalité direct.

Autorénouvellement et cire achetée dans le commerce

Le rapport met en évidence une forte disparité de qualité toxicologique entre les feuilles de cire issues de l’autorenouvellement, produites à partir de la cire de l’exploitation, et celles achetées dans le commerce.
Les résultats de l’étude Cimeqa indiquent que les feuilles gaufrées du commerce renferment en médiane neuf résidus par échantillon, contre 3,5 résidus pour les feuilles utilisées par les apiculteurs autosuffisants. La teneur totale en substances chimiques atteint 1,8 mg/kg pour les cires issues du commerce, contre 0,14 mg/kg pour celles provenant des exploitations, soit une quantité presque treize fois plus élevée.

L’analyse du risque confirme ces écarts : le risque toxicologique évalué (ETR) pour les cires issues de l’autorenouvellement est environ quinze fois inférieur à celui calculé pour les cires achetées dans le commerce. Les feuilles confectionnées à partir de lots collectifs d’apiculteurs présentent une qualité intermédiaire, meilleure que le commerce, mais moins favorable que l’autorenouvellement.

 

Mode de production apicole

Les indicateurs étudiés par l’ANSES, notamment le nombre médian de résidus et la teneur totale, sont plus favorables pour les cires issues d’exploitations conduites en système d’apiculture biologique que pour celles issues de systèmes conventionnels. L’Agence précise toutefois que certaines substances autorisées en apiculture biologique, comme le thymol, n’ont pas été recherchées dans toutes les études, ce qui constitue une limite méthodologique importante.

 

Comment l’ANSES évalue le risque lié aux cires contaminées

L’évaluation du risque pour la santé de l’abeille et de la colonie repose sur une méthodologie en trois étapes : la probabilité de présence du danger, la probabilité d’exposition et les conséquences potentielles. Dans ce cadre, l’ANSES utilise notamment le quotient de risque (QR), un outil d’aide à l’évaluation comparative fondé sur les concentrations mesurées et les doses létales aiguës disponibles.

L’Agence insiste sur les incertitudes scientifiques persistantes : absence de valeurs toxicologiques pour les larves, manque de données sur la toxicité chronique et absence d’évaluation des effets combinés des substances. En conséquence, il n’a pas été possible de quantifier un effet direct de la contamination de la cire sur la santé des colonies. La cire contaminée est néanmoins considérée comme un facteur susceptible de s’ajouter aux autres sources de stress auxquelles les abeilles sont exposées.

 

Recommandations de l’ANSES pour améliorer la qualité cire abeille

Face aux constats établis, l’ANSES formule plusieurs recommandations. Elle invite les apiculteurs à se tourner, autant que possible, vers des cires d’opercules d’origine française et à pratiquer l’autorenouvellement de leur cire. Le respect strict des bonnes pratiques apicoles, notamment en matière d’utilisation des médicaments vétérinaires, constitue également un levier identifié.

À l’échelle de la filière, l’Agence recommande de renforcer la traçabilité des cires, d’harmoniser l’agrément des ciriers et d’améliorer les contrôles des cires importées. Elle souligne enfin la nécessité de définir réglementairement la cire à usage apicole, idéalement au niveau européen, afin de disposer d’un cadre commun pour la surveillance et les contrôles.

L’ANSES appelle également à la publication du Plan d’actions cire élaboré par la DGAL, enrichi des recommandations issues de l’expertise.

 

Qualité cire abeille et approche One Health

La question de la qualité de la cire d’abeille s’inscrit, selon l’ANSES, dans une démarche One Health, reliant santé des abeilles, environnement et pratiques humaines. La cire reflète l’exposition globale aux substances chimiques présentes dans l’environnement, sans que le mandat confié aux experts n’inclue l’évaluation des impacts sur la santé humaine.

L’Agence souligne néanmoins que les éléments identifiés sur la contamination et l’adultération des cires interrogent leur usage sans encadrement, notamment lorsqu’elles sont utilisées au contact des aliments.

 

La qualité cire abeille apparaît ainsi comme un enjeu structurant pour l’avenir de l’apiculture. Les travaux de l’ANSES montrent que, sans constituer un facteur unique ou quantifiable du déclin des colonies, la cire contaminée ou adultérée s’inscrit dans un ensemble de pressions chimiques et environnementales.
Les données disponibles mettent toutefois en évidence des marges de manœuvre réelles, fondées sur les choix de cire, les pratiques apicoles et l’organisation de la filière, pour améliorer durablement la situation.

 

Pour en savoir plus : Lire l’avis et le rapport relatifs à une évaluation des risques pour la santé des abeilles et de la colonie, liés aux cires d’abeilles contaminées et/ou adultérées

 

Tout savoir sur la traçabilité de la cire ICKO sur notre blog

 

—————————————————————————————————–

Sélection ICKO Apiculture

cire d'abeille gaufrée premiumDécouvrez notre gamme de cire d’abeille gaufrée

Voir les commentaires

Partager l’article