Le calendrier

Que se passe-t-il au rucher en avril?

Alors qu’une grande partie de l’humanité est à l’arrêt, confinée à la cause de la pandémie au Covid 19, les équipes d’ICKO ...

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Alors qu’une grande partie de l’humanité est à l’arrêt, confinée à la cause de la pandémie au Covid 19, les équipes d’ICKO Apiculture et les apiculteurs s’affairent pour que la saison apicole se passe au mieux.

Certains d’entre vous avaient prévu de commencer l’apiculture cette saison et faute de formation et d’essaim votre projet est remis de quelques semaines. Cet article vous permettra de vivre par procuration un mois d’avril au rucher.

Comme en 2019, nous vivons cette année, un début de printemps capricieux, une fraîcheur qui laisse la place à des jours bien plus doux. Les jours de belle chaleur laissent place à des journées plus fraîche et la neige a refait son apparition la semaine dernière. Le printemps teste les capacités de l’apiculteur à réagir et à s’adapter. Dans le sud, les premières récoltes vont commencer et les essaims apparaissent. Les visites de printemps battent leur plein et l’apiculteur stimule les colonies par un nourrissement léger.

 

printemps abeille

L’apiculteur réalise sa visite de printemps

Les floraisons et le réchauffement tirent l’abeille hors de la ruche. Les allers-retours s’accentuent. La reine s’est mise à pondre abondamment, le couvain se développe rapidement occupant les cadres centraux de la ruche. Bref tout le monde s’active !

Pour l’apiculteur professionnel, s’il ne l’a pas déjà fait, il réalise sa première visite, dite « visite de printemps ».
De l’observation il tire les enseignements qui conviennent pour la gestion de chaque ruche au cours des mois à venir. Avril est un mois actif pour l’apiculteur.
Une large palette d’opérations est possible au cours du mois : faire construire des cadres cirés, diviser une ruche en deux, récupérer des cadres de couvain et de réserve pour les nouveaux essaims, récupérer des essaims naturel, éventuellement mettre des hausses et faire une première récolte (colza).

Apiculture facile

Que fait l’apiculteur débutant ?

Plusieurs cas de figure sont à envisager selon que le débutant dispose d’une ruche ou non. Si vous dispose d’une ruche, ce qui à priori est un cas rare – par exemple parce que vous avez acheté la ruche et sa colonie à un apiculteur – vous allez vous trouver confronté aux opérations décrites au paragraphe précédent.
Vous allez en particulier vous trouver confronté à la décision suivante : développer le cheptel ou récolter du miel au cours de la saison à venir. On ne saurait trop vous conseiller de choisir la deuxième option.

 

Récolter du miel la première année de son activité : quel bonheur !
Si vous ne disposez pas de la ruche et de sa colonie, vous allez devoir l’acquérir. Il est bon de disposer assez tôt du matériel. Pensez à passer commande, nous sommes à votre disposition pour vous aider.
Vous allez travailler déjà l’emplacement et étudier les ressources mellifères et pollinifères dont les abeilles vont pouvoir disposer dans leur environnement. De quoi sera fait le miel dont vous disposerez ? En Avril les essaimages sont courants. Peut-être aurez vous la chance de voir se poser un essaim à récolter. Si vous êtes dans cette situation, un conseil : faites-vous aider par un apiculteur expérimenté.

Trois actions essentielles au rucher en Avril :

CONTRÔLER LA FIÈVRE D’ESSAIMAGE :

Lorsque les populations sont très fortes, jusqu’à 8 cadres de couvain, sur le colza par exemple (fin avril), le risque d’essaimage est majeur. Un coup de froid bloque la ponte de la reine et les conditions sont rapidement réunies.

En effet, que la surface du couvain fermé devienne supérieure à celle du couvain ouvert et le nombre des nourrices disponibles devient brusquement plus important que celui des larves à nourrir. Les abeilles suralimentent certaines larves et en font des reines. Cet indicateur est à bien comprendre, car cette inversion, couvain ouvert/couvain fermé, sur une forte colonie annonce l’essaimage prochain. Dès l’apparition de cellules de reines operculées il faut faire de l’essaimage artificiel. Chaque cadre contenant des cellules de reines est mis dans une ruchette avec un autre cadre de couvain et un cadre de miel, le tout couvert d’abeilles. Ces cadres peuvent être pris dans d’autres ruches. On complétera de cadres bâtis. L’essaim réussit d’autant mieux que le nombre des abeilles emportées est important.

Si on fait cette manœuvre pour stopper le risque d’essaimage sur une très forte colonie qui n’a pas encore produit de cellules de reines, on prend un cadre de couvain avec des cellules pris dans une autre ruche (sans ses abeilles), on ne prendra que deux cadres de couvain fermé (le plus possible) avec leurs abeilles dessus dans la ruche à affaiblir mais on brossera des abeilles situées sur trois cadres de couvain, on saigne ainsi la colonie en la privant d’une partie de ses nourrices.

Un essaim artificiel sera nourri en continu et devra atteindre 5 cadres en fin de saison, il sera prêt pour passer l’hiver et servir pour des réunions l’année prochaine.

STIMULER LES COLONIES

Le nourrissement doit correspondre à une stratégie précise, pour réaliser un objectif assigné à tout ou partie du rucher. Un nourrissement spéculatif pour faire démarrer le couvain très rapidement peut être fait très tôt en saison à condition de le faire avec parcimonie. Très peu de sirop, environ 250 cm3 par ruche et une ou deux fois, guère plus. Le tout accompagné d’une surveillance pour vérifier que les colonies ne démarrent un essaimage qu’il faudrait contrôler en cas de survenue.

 

Par contre, pour l’élevage des reines, il est important de stimuler les colonies souches et éleveuses. Des sirops appropriés permettront d’apporter un surcroît de protéines pour stimuler la ponte de la reine et la production de gelée royale chez les abeilles nourrices. Là encore, la surveillance des colonies s’impose car il serait dommageable qu’une stimulation intempestive produisent des essaimages alors que ce qui est visé est d’en atteindre la limite pour réunir les meilleures conditions de l’élevage artificiel.

nourrissement printemps

RÉUNIR LES ESSAIMS DE L’AN PASSÉ

Pour améliorer le rendement des colonies et tenir constamment le rucher avec des jeunes reines, seule manière de disposer de fortes colonies, il est indispensable de procéder à des réunions.
A l’évidence ce ne sera fait qu’entre populations de qualité, au moins du point de vue sanitaire. Les ruchettes de l’an passé seront fortes, sinon réunir deux colonies faibles n’a jamais produit une colonie puissante si la faiblesse est due à la qualité de la reine ou à l’état sanitaire des colonies.
On opère en fin de journée, il est indispensable de rechercher la vieille reine, l’enlever puis opérer la réunion dans la foulée. On met au centre d’un corps de ruche propre les cadres de couvain de la ruchette avec toutes les abeilles (bien que certains auteurs indiquent que le fait d’utiliser un corps de ruche étranger aux deux colonies n’a pas d’effet particulier, mais c’est pratique).

De la ruche ancienne et orpheline, on tire tous les cadres de couvain que l’on met contre le nid à couvain de la colonie qui vient d’être installée, puis on place de part et d’autre tous les cadres de pollen puis de miel. Nourrir. Ainsi, est-on sûr de l’âge de la reine, le fait de mettre tous ses cadres de couvain ensemble et elle avec, la protège d’éventuelles attaques des abeilles nouvelles venues. Pour réduire les risques de bagarre on parfume tout le monde au pulvérisateur avec un peu d’Eucalyptus. Jean Riondet opère ainsi depuis des années et il avoue humblement que le risque majeur est celui de l’essaimage quelques temps après si la colonie devient de ce fait trop forte. Mais il est toujours temps de faire de nouveau un essaim artificiel surtout avec les reines à naître que l’on aura élevé dès que possible.

Le piégeage des fondatrices

Au risque de lasser les plus assidus aux billets de ce blog, reparlons une fois encore du piégeage de la  reine du frelon asiatique, la fondatrice. C’est la pleine saison ! Installez un piège est très simple et peut se révéler très efficace.

Voici un article très complet sur le sujet.

piegeage reines fondatrices

 

L’élevage des reines, yes we can !

Et si vous profitiez de cette période où le temps est suspendu pour vous former et vous équiper pour l’élevage des reines ?!
La méthode Kemp est une technique simple et efficace pour débuter. L’avantage principal de cette méthode est d’éviter la phase de picking, redoutée par beaucoup d’apiculteurs. Pour les abeilles, les larves ne subissent pas de transfert brutal et restent dans l’élément d’origine ce qui permet d’augmenter le taux de réussite.

Il suffit d’environ 3 à 4 heures pour que la reine ponde les 100 alvéoles du boîtier Kemp présent dans le kit. Après 4 jours, les larves sont prêtes pour l’élevage et faciles à transférer.

L’élevage des reines avec la méthode Kemp

élevage reine

Kit élevage des reines Kemp complet

La méthode Kemp utilise un boitier nid d’abeilles en plastique, avec des alvéoles préalablement construites que les abeilles viennent ensuite finir d’étirer.
Le fond des alvéoles est percé sur toute leur surface (diamètre 5 mm) ce qui permet à la reine d’avoir un contact direct avec le fond de la cire.
Des petits plots creux forment le font des alvéoles et viennent clore une alvéole sur deux, sur une ligne de 10 alvéoles. La pièce élémentaire de ce système est la barrette de 5 plots amovible, qui va suivre tout le processus d’élevage, de la ponte de la reine à la récupération des cellules royales prêtes à l’emploi. Les larves ne subissent pas de transfert brutal et restent dans leur emplacement d’origine ce qui permet d’augmenter le taux de réussite de l’élevage. La différence avec les systèmes existants réside dans l’intervalle entre les alvéoles (7 mm), entraxe existant pour les alvéoles de type mâles. Ce modèle d’alvéoles à grosses cloisons ne perturbant par les abeilles, il permet de dégager un entraxe de 14 mm entre les cellules royales, les rendant plus faciles d’accès et facilement séparables.

La reine est placée dans le boitier Kemp préalablement imprégné d’une couche fine de cire d’opercule.
En 3-4 heures, la reine est capable de pondre près d’une centaine d’œufs. Au quatrième jour, les barrettes de plots contenant les jeunes larves sont enlevées par l’arrière du boitier et placées dans la fente de la barrette d’élevage en bois. Les plots sont ensuite couronnés avec les cupules percées. Toutes les larves collectées sont ainsi bonnes pour l’élevage et ne subissent aucun traumatisme. De plus, la gelée royale accompagne la larve tout au long de ce processus ce qui évite le changement de nourriture. Ce système permet de lancer jusqu’à 80/90 élevages à la fois.

 

Les autres méthodes élevage

 

Pour tout savoir sur l’élevage, consultez notre librairie en ligne :

jean riondet

 

 

 

 

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