Gestion & réglementation

Étiquetage du miel : le guide complet 2026 pour les apiculteurs

L’étiquetage du miel est aujourd’hui bien plus qu’un simple emballage. Chaque pot de miel mis en vente est un produit alimentaire soumis ...

Partager l’article

L’étiquetage du miel est aujourd’hui bien plus qu’un simple emballage. Chaque pot de miel mis en vente est un produit alimentaire soumis à une réglementation européenne et française précise. Derrière une étiquette se jouent la transparence, la sécurité du consommateur et la traçabilité du miel, de la ruche au rayon de vente.

Nom de l’apiculteur, origine du miel, dénomination de vente, poids net, date de durabilité minimale (DDM), numéro de lot, signalétique de tri : chaque mention doit figurer clairement, être lisible, exacte et conforme aux textes en vigueur. Entre la directive miel, le règlement INCO, les décrets nationaux et les contrôles de la DGCCRF, l’étiquette devient un véritable outil d’information.

Cet article vous apporte des conseils pratiques, des exemples concrets et des règles claires pour comprendre les règles d’étiquetage, mentions obligatoires, choisir la forme, la matière, la taille minimale, et créer des étiquettes de miel personnalisées sans risque réglementaire.

Ce qui change en 2026 pour l’étiquetage du miel

L’année 2026 marque un tournant majeur pour l’étiquetage du miel. Sous l’effet des évolutions de la réglementation européenne, plusieurs règles deviennent plus strictes afin de renforcer la transparence, lutter contre la fraude et améliorer l’information. La principale nouveauté concerne les mentions sur l’étiquette de l’origine du miel : pour les mélanges de miels, elle devra désormais indiquer non seulement les pays d’origine, mais aussi les pourcentages associés à chaque pays, selon des modalités précisées par les textes européens. Cette évolution s’inscrit dans une volonté claire de traçabilité renforcée au sein de l’Union européenne. Par ailleurs, les exigences liées à l’info-tri, à la lisibilité des mentions et à la cohérence entre l’étiquette et la réalité de la production sont davantage contrôlées. Pour l’apiculteur comme pour le conditionneur, 2026 impose donc une mise à jour rigoureuse des étiquettes, afin de rester conforme à la loi tout en valorisant la qualité et l’origine du miel mis en vente.

1. Mentions obligatoires sur l’étiquette du miel : la base réglementaire

Les questions « quelles sont les mentions obligatoires sur l’étiquette ? » ou « comment étiqueter un pot de miel ? » renvoient aux mêmes blocs d’information légale, qui doivent figurer sur chaque pot de miel naturel destiné à la vente. Ces règles s’appliquent à tout miel destiné à la vente, qu’il soit produit en France ou dans un autre pays de l’UE, dès lors qu’il est commercialisé auprès du consommateur final.

1.1 Dénomination de vente et types de miel

La dénomination de vente correspond au nom réglementaire du produit. Elle est définie par la directive européenne relative au miel et par les décrets français. Elle ne relève pas d’un simple choix marketing.

⚠️ Attention : dès qu’un ingrédient est ajouté (gelée royale, truffe, arôme…), le produit devient une préparation à base de miel. La composition du miel pur doit être indiquée avec les pourcentages.

1.2 Origine du miel et mention de la provenance

L’origine géographique est une information centrale pour le consommateur. Elle permet de valoriser la transparence et la qualité.

Exemples : Miel de Corse – Mele di Corsica (AOP), Miel d’Alsace (IGP), ou Miel de Lavande de Provence et Miel de Sapin des Vosges (Label Rouge).

1.3 Poids net (quantité nette)

Le poids net correspond à la quantité réelle de miel contenue dans le pot, telle qu’indiquée sur l’étiquette du produit alimentaire. Il s’agit d’une information essentielle pour le consommateur, car elle lui permet de comparer les produits et d’évaluer le rapport qualité-prix. Cette indication doit être exprimée en grammes (g) ou en kilogrammes (kg), par exemple 250 g, 500 g ou 1 kg, sans ambiguïté possible.

La mention du poids net est obligatoire pour toute denrée alimentaire préemballée. Elle relève directement du code de la consommation et fait l’objet de contrôles réguliers par les autorités compétentes, notamment la DGCCRF. Le poids indiqué doit correspondre à la réalité du produit conditionné, hors emballage. Il est donc recommandé de vérifier régulièrement les volumes lors de la mise en pot, en particulier lorsque le miel est conditionné sur plusieurs mois ou stocké avant la vente.

1.4 Date de durabilité minimale (DDM)

Le miel n’est pas soumis à une date limite de consommation, mais à une date de durabilité minimale. Cette mention informe le consommateur sur la période pendant laquelle le miel conserve pleinement ses qualités gustatives, physiques et nutritionnelles, dans des conditions normales de conservation.

La DDM s’exprime par les formules réglementaires suivantes :
« À consommer de préférence avant le… » ou « À consommer de préférence avant fin… ».
Lorsque seule l’année ou le mois est mentionné — ce qui est fréquent pour le miel en raison de sa bonne stabilité dans le temps — un numéro de lot distinct doit impérativement figurer sur l’étiquette. Cette règle permet d’assurer une traçabilité précise, notamment en cas de contrôle ou de retrait de produit.

1.5 Nom ou raison sociale et adresse de l’opérateur

Chaque étiquette de miel doit clairement identifier l’opérateur responsable du produit. Il peut s’agir de l’apiculteur, du conditionneur ou de l’entreprise qui met le miel sur le marché. Cette identification passe par la mention du nom ou de la raison sociale, accompagnée d’une adresse postale complète.

Cette obligation concerne l’ensemble des acteurs de la filière, qu’il s’agisse d’une petite production artisanale ou d’un conditionnement à plus grande échelle. Elle permet au consommateur de savoir à qui s’adresser et engage directement la responsabilité de l’opérateur sur l’exactitude des informations figurant sur l’étiquette.

1.6 Numéro de lot : pilier de la traçabilité du miel

Le numéro de lot est un élément central de l’étiquetage réglementaire. Il permet de relier chaque pot de miel à une période de production, à un rucher, à une cuve ou à un stock précis. Cette information joue un rôle clé dans la gestion de la qualité et de la sécurité alimentaire.

En cas de contrôle, de réclamation ou d’alerte sanitaire, le numéro de lot permet de remonter rapidement à l’origine du produit et de limiter les impacts d’un éventuel problème. Chaque apiculteur peut définir son propre système de codification, à condition qu’il soit cohérent, documenté et relié à des fiches internes de suivi.

1.7 Info-tri et signalétique Triman

Depuis l’entrée en vigueur de la loi AGEC, les pots de miel considérés comme emballages ménagers doivent comporter une signalétique de tri harmonisée, appelée info-tri. Celle-ci repose sur deux éléments indissociables : le logo Triman, qui indique que l’emballage est soumis au tri, et des indications précisant la destination de chaque composant.

L’étiquette doit ainsi informer clairement le consommateur sur le tri du pot en verre, de la capsule, et de tout élément additionnel comme un étui en papier ou en carton. Même lorsque l’espace est réduit, ces informations doivent rester lisibles et compréhensibles. Les formats compacts sont autorisés, à condition de respecter les règles de visibilité.

Récapitulatif des mentions obligatoires sur les pots de miel

Les mentions obligatoires devant figurer sur l’étiquette du miel selon la directive 2001/110/CE :

  • la dénomination de vente du miel,
  • l’origine ou la provenance du miel,
  • le poids net,
  • la date de durabilité minimale,
  • le numéro de lot,
  • le nom ou la raison sociale et l’adresse de l’opérateur,
  • les consignes de tri et le logo Triman lorsque l’emballage est ménager.

Modèle d'étiquette de pot de miel

2.Comment étiqueter concrètement un pot de miel ?

Au-delà des mentions obligatoires, l’étiquetage du miel suppose une réflexion globale sur la forme, la matière et l’organisation des informations. L’objectif est double : respecter la réglementation et offrir une lecture fluide au consommateur.

2.1 Forme, matière et support de l’étiquette

La réglementation ne fixe aucune contrainte sur la forme de l’étiquette. Étiquette rectangulaire, hexagonale ou bande enveloppante : toutes les options sont possibles. Le choix dépend principalement du type de pot, du volume et du rendu recherché.

Les supports les plus courants restent le papier et les films plastiques, souvent utilisés en rouleau d’étiquettes miel pour faciliter l’étiquetage manuel ou mécanique. Pour un pot en verre, il est conseillé de privilégier un support résistant à l’humidité et aux variations de température, afin de garantir une bonne tenue dans le temps.

2.2 Organisation des mentions sur le pot

Une organisation claire des informations facilite la lecture et limite les erreurs. La face principale est généralement dédiée à la dénomination de vente, à l’origine, au poids net et aux éléments de valorisation. Les informations plus techniques — DDM, numéro de lot, nom et localisation, info-tri — trouvent naturellement leur place sur la face arrière ou latérale.

Cette répartition permet d’inclure toutes les mentions obligatoires sans nuire à la lisibilité ni à l’esthétique de l’étiquette.

3.3 Taille minimale des caractères et lisibilité

La lisibilité des informations est une exigence réglementaire à part entière. Le règlement INCO impose une hauteur minimale de police, mesurée sur la lettre « x » de la typographie utilisée. Lorsque la surface de la plus grande face de l’emballage dépasse 80 cm², cette hauteur doit être d’au moins 1,2 mm. En-dessous de ce seuil, elle peut être réduite à 0,9 mm.

Au-delà de ces valeurs, il convient de veiller à la clarté réelle du texte. Le choix d’une police simple, un contraste suffisant avec le fond et l’absence de zones trop chargées sont essentiels pour garantir des caractères lisibles en conditions normales d’achat.

3.4 Traçabilité du miel et responsabilité de l’apiculteur

L’étiquetage engage pleinement la responsabilité de l’apiculteur ou du conditionneur. Chaque information mentionnée doit pouvoir être justifiée par des éléments concrets : registres de production, fiches de lots, analyses éventuelles. Une incohérence entre l’étiquette et la réalité de la production constitue un risque juridique, mais aussi un risque de perte de confiance.

À l’inverse, une étiquette claire et cohérente renforce la crédibilité du producteur et participe à la valorisation d’un miel de qualité, qu’il soit vendu en direct ou via des circuits plus larges.

3.5 Étiquettes personnalisées : créer de la valeur sans perdre la conformité

L’étiquette est aussi un outil de communication. Par le choix des couleurs, du graphisme ou du ton, elle raconte une histoire et traduit l’identité du producteur. Cette personnalisation doit toutefois s’appuyer sur une base réglementaire solide, avec des mentions toujours visibles et lisibles.

Le recours à une impression professionnelle permet d’obtenir des rendus de qualité et de décliner des designs variés selon les gammes, tout en conservant une structure d’information stable. Bien conçue, l’étiquette apporte une véritable valeur ajoutée, sans jamais compromettre la conformité réglementaire.

Maîtriser l’étiquetage du miel, c’est bien plus que respecter une liste d’obligations. C’est assurer la conformité, la traçabilité et la sécurité alimentaire, tout en offrant au consommateur une information claire et fiable. En appliquant rigoureusement les règles européennes, les mentions obligatoires et les exigences de lisibilité, l’étiquette devient un levier essentiel de valorisation du miel et du travail de l’apiculteur.

En savoir + sur la réglementation apicole


Sources : Economie.gouv – ITSAP – DGCCRF

Voir les commentaires

Partager l’article